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Le Voyage des âmes, rites et croyances d'outre-monde Mythes et pensée  <    Publications     > 
IX. Conclusion.
par Celyan Belqueria
L'au-delà, l'après-vie, les terres d'ombre, le séjour des morts ou le monde des esprits... Quel que soit son nom, l'idée d'une vie spirituelle après la vie est au cœur de la plupart des civilisations connues, d'Azeroth ou d'ailleurs.

Nombre de peuples, tels les Gilnéens, les Nains, ou encore les Taurens, révèrent les défunts, gardiens bienveillants qui continuent à veiller sur leur peuple par delà la mort. Ces Ancêtres, liés à la terre, aux pierres des montagnes sacrées ou à la Terre-Mère, se manifestent parfois aux vivants sous la forme d'entités spectrales, ou prodiguent de sages conseils par le biais de visions prémonitoires.

Pour beaucoup de peuples d'Azeroth et de Draenor, les mystiques et clairvoyants sont les interlocuteurs privilégiés des âmes des défunts. Pourtant, les expériences de morts vécues par les relevés morts-vivants n'évoquent nulle attache à la réalité, nulle vision passive du monde autour de leur corps inerte, et donc nul contact possible avec les vivants. Ce qui nous survivrait à notre mort ne serait alors qu'une entité spirituelle inconsciente, que l'on appellera âme, ou essence. Les Draeneï la conçoivent sous forme d'un fragment de pure Lumière, et les démons semblent par ailleurs capables de la capturer et de l'utiliser.

Bien que cela relève avant tout de convictions intimes, et quels que soient les noms qui leur sont donnés — suivant les cultures —, une distinction est souvent faite entre l'esprit et l'âme. Il en est ainsi chez les Humains, et cela se rapproche de la théorie d'une énergie résiduelle indépendante de l'âme, tout en lui étant liée, comme le chi ou le mojo que manient les Pandarens et les Trolls. Les Draeneï, quant à eux, préfèrent évoquer l'essence et la personnalité.

Certaines cultures considèrent les spectres errants, emplis de peine, de colère ou de convoitise envers les vivants comme des Ancêtres prisonniers d'un monde intermédiaire, ou règne l'oubli et la folie, à mi-chemin entre celui des vivants et le repos céleste, tandis que d'autres y voient des empreintes fugaces laissées sur le monde par l'ancienne énergie vitale des trépassés.
Il est dit que, dans la tombe de Sargeras, des combattants ont aperçu le spectre de la gardienne Aegwynn, mais d'autres affirment que cette apparition n'était pas réellement son âme, plutôt un écho de son pouvoir magique passé, si puissant qu'il en imprègne encore ces lieux. Cela pourrait confirmer les observations rigoureuses concernant le lien entre l'utilisation de l'arcane et l'apparition de fantômes dans certains lieux. En effet, alors que les anciens Elfes étaient passés maîtres dans les arts arcaniques, il est relativement fréquent de rencontrer des spectres dans les ruines de leurs anciennes cités. A l'inverse, il est rare de trouver des spectres de Trolls, race pourtant très ancienne, même dans leurs régions endémiques d'habitation comme Strangleronce ou Quel'thalas.

Pour certaines cultures, la manière dont nous menons notre vie influence grandement le devenir de l'âme, qui sera par conséquent entachée ou sublimée par nos choix et actions ici-bas. Un repos paisible auprès des êtres aimés est promis en échange d'une vie de bonté et de compassion, tandis que les limbes angoissants, voire le Néant dans les cas extrêmes, attendraient les mécréants et les dévoyés. Qu'elle soit fondée ou non, une telle conception de l'au-delà a bien évidemment une fonction moralisatrice, afin de maintenir, par l'espérance et la crainte, la bonne cohésion d'une société.

Quoi qu'il en soit, aucune preuve formelle ne permet à ce jour d'affirmer l'existence de l'au-delà et la persistance de l'âme. Cette dernière, loin d'être indestructible, semble au contraire bien fragile, comme le laissent supposer les sortilèges impies permettant de la fragmenter, de la blesser, ou de l'abîmer.
On peut alors se demander quelle serait l'origine de cette conviction largement répandue de la survivance de notre "essence" après la mort ? Une telle notion fut-elle inspirée par une entité bienfaisante, telle la Terre-Mère, Elune, ou la Sainte Lumière, qui se voudrait rassurante envers ses enfants, ou pur fruit de l'imagination collective par refus égocentrique de notre propre disparition définitive ?
Dans tous les cas, nul doute que cette croyance nous offre la possibilité d'une vie plus riche et nous permet de transcender nos peurs.

Le tombeau d'Uther, dit le Porteur-de-Lumière, dans les Maleterres de l'Ouest.
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